Marcelo, personne n’ira cracher sur ta tombe

Marcelo Bielsa est un cas à part. Tout le monde du foot, de Guardiola à Simeone en passant par Sampaoli et Menotti, lui tresse des couronnes, mais en France nous avons quelques personnes qui font de lui un moins que rien. Les meilleurs entraîneurs  du monde s’entassent à ses conférences comme des groupies mais les médias français eux savent que Bielsa n’est qu’une imposture. Le problème pour ces journalistes-là c’est qu’ils ne peuvent attaquer Bielsa que sur son palmarès. Il faut se rendre compte que le seul argument contre Marcelo Bielsa consiste à dire qu’il n’a rien gagné. Ce qui est totalement absurde en plus d’être faux. 

Il ne s’agit pas ici de faire un raisonnement apagogique consistant à dire que Bielsa possède un immense palmarès. Ce serait aussi faux et absurde que de dire qu’il ne vaut rien en soupesant ce qu’il (n’)a (pas) gagné. Cependant l’entraîneur argentin possède des titres, certes il aurait dû en glaner davantage mais en même temps son parcours ne l’a pas prédestiné à remporter des dizaines de trophées. Et surtout on ne juge pas un homme de la valeur de Bielsa au nombre de lignes sur son palmarès. 

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La parole aux Argentins [Episode 3]

Souvenirs de 2002: le ridicule de l’échec

Qui peut mieux parler du pays au drapeau ciel et blanc que les hinchas ? Je donne donc la parole à l’Argentine, « ce pays peuplé d’Italiens qui parlent espagnol et se prennent pour des Anglais »… Pour les hispanophones, article en version originale disponible ici

« Je suis à l’origine du plus grand échec du football argentin. Et j’ai été incroyablement critiqué, rien ne pourra surpasser cela. » Voilà ce qu’a affirmé Marcelo Bielsa il y a quelques jours lors de sa dernière conférence de presse en tant qu’entraîneur de l’Athletic Bilbao. Cette phrase a été reprise partout, dans la presse papier comme à la télévision. Mais celui qui a suivi la carrière de Marcelo Bielsa, ou du moins une partie de celle-ci, sait que cette déclaration ne reflète pas la réalité. Autrement dit, selon quel point de vue peut qu’on qualifier la Coupe du Monde de l’Argentine en Corée et au Japon comme un échec ? Seulement d’un point de vue simpliste et pragmatique. « Nous n’avons pas répondu aux attentes, on peut donc dire que c’est un échec » avait dit Bielsa à l’époque. C’est la phrase que beaucoup voulaient entendre et répètent encore 10 ans plus tard.

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On ne badine pas avec le travail

Juan Carlos Osorio: n’est pas bielsite qui le déclare

Mieux vaut tard que jamais. C’est donc début d’août, soit plus d’un mois après la fin de la compétition, que je prends enfin le temps de revenir sur la Copa América Centenario. Le tournoi a consacré, pour la deuxième année consécutive, le Chili aux tirs au but face à une Argentine une nouvelle fois malheureuse en finale. Le Chili continue donc de monter, l’Argentine d’espérer et le Brésil de décevoir après une élimination dès les poules….

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur cette compétition. Les médias se sont occupés du Brésil, du Chili et surtout de l’annonce par Messi de sa retraite internationale. Peut être est-ce pour cela que le travail du sélectionneur Juan Carlos Osorio avec la sélection Mexicaine n’a pas été critiqué… Car si « l’Euro en France n’a pas été un laboratoire tactique », la Copa América s’est de son côté offerte quelques fantaisies.

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La parole aux Argentins [Episode 2]

Le pourquoi de l’admiration

Qui peut mieux parler du pays au drapeau ciel et blanc que les hinchas ? Je donne donc la parole à l’Argentine, « ce pays peuplé d’Italiens qui parlent espagnol et se prennent pour des Anglais »… Pour les hispanophones, article en version originale disponible ici

« Transmettre un message aux gens, les gens qui ont perdu, est inutile, car c’est comme ça, nous avons perdu. C’est un fait ».

C’est avec cette phrase que Marcelo Bielsa a cloturé la conférence de presse la plus dure qu’il ait certainement eu à donner… l’élimination prématurée du mondial déjà consommée. L’Argentine, une sélection arrivée comme la grande favorite pour gagner la coupe et qui a été éliminée injustement, dans un mondial au cours duquel rien, absolument rien, ne s’est passé comme prévu.  Lire la suite

La parole aux Argentins [Episode 1]

Mourir avec le football debout

Qui peut mieux parler du pays au drapeau ciel et blanc que les hinchas ? Je donne donc la parole à l’Argentine, « ce pays peuplé d’Italiens qui parlent espagnol et se prennent pour des anglais »… Pour les hispanophones, article en version originale disponible ici.

Tout ce que je vivais à ce moment-là augmentait l’attente et l’espérance : la phase qualificative, les matchs amicaux, et surtout la forme que ça prenait. Mais il y avait quelque chose d’encore plus important que ça : le pays. Car aucun argentin ne peut nier que cette coupe du monde était bien plus que du football, cette coupe du monde c’était l’espérance.  Lire la suite

Kasparov joue-t-il la défense Grünfeld ?

Certains matchs de football, à priori anodins, peuvent déboucher sur des réflexions plutôt farfelues; le France-Arménie du 8 octobre 2015 est à ranger dans cette catégorie. Sur la base d’un tweet mal senti ma soirée post-match a déraillé en ascétique, je vous l’assure, méditation sur les échecs et le football. Kasparov, le gardien arménien, étant l’homonyme du grand champion russe d’échecs Garry Kasparov à l’origine du succès de la défense Grünfeld.  Lire la suite

Mourinho, lecteur assidu du Prince de Machiavel

Au Barça, Guardiola avait offert le bouquin « savoir perdre » de son ami David Trueba à chacun de ses joueurs. Messi, parait-il, ne l’a jamais lu. En revanche, il semble que la majorité des joueurs du Chelsea de José Mourinho ait pris la peine de s’attarder sur le cadeau de leur entraîneur, Le Prince de Nicolas Machiavel. Encore mieux, Diego Costa en est devenu tellement passionné qu’il a encadré certains passages de l’oeuvre aux murs de son salon.  Lire la suite